lundi 19 mars 2012

Bref, un week-end métro Blanche

Bon, alors ce week-end, pour faire court :


  • J'ai dansé sur Smell like teens spirit avec Kyan Khojandi. Même qu'il portait un grand marcel de basketteur, et qu'avec lui sur la scène de la Machine il y avait un mec en collant léopard synthétique, tee-shirt Mario Bros et masque de cerf -taille réelle- sur la tête. Reebok Pump, Nike Air Max, lunettes fluos, vendredi soir c'était beau, c'était chaud, c'était disco. Une We Are The 90's avec Flèche d'Or, du RedBull pour tenir jusqu'à 5h30 (on avait respectivement 9 heures de taf et 8 heures de Salon du livre dans les mollets), et bien sûr comme à chaque fois, du grand grand tube, de l'hystérie collective, de la nostalgie en veux-tu-en-voilà ; on a pu donc assister à une battle de paroles entre moi et des inconnus sur La Tribu de Dana (remportée haut la main par moi, je suis la queen de la tribu de Dana moi, les ptits gars), de la chevelure en folie sur Rage Against The Machine, d'abondantes suées du plus classe effet après Gala, Dr Alban, Boris, etc, etc. Je n'aurai qu'un mot : i like to move it.
Kyan Khojandi sur la scène de la Machine.
  • Samedi, on a décidé avec Super-Cop's-Florentin, ACK, Super-Cop's-Florentine et Grand-Guigui  de se retrouver au Sullivan's de Blanche. Ce pub-boîte, déjà expérimenté à de multiples reprises, répond à différents critères de satisfaction : musique plaisante, dansante et variée ; dancefloor spacieux, aéré, fonctionnel ; aires de repos aux fauteuils moelleux ; population hétéroclite. Une fois arrivés au susdit pub, après une analyse pointue de la situation et grâce à notre sens aigu de la déduction, nous réalisâmes que nous avions choisi un pub irlandais, le soir de la Saint-Patrick. Aspirés par le flux de gais lurons vert et orange, nous passâmes une excellente nuit, ponctuée de rasades de vodka-fraise jetées sur la foule déshydratée, de musiques celtiques (point trop n'en faut si vous voulez mon avis), de Nirvana (déstructuration capillaire maximale), et bien sûr de : "Mec j'te jure elle te fixe depuis tout à l'heure. Mais ATTAQUE bordel." (rien à signaler de ce côté, on était le même nombre en repartant. Enfin presque. Enfin bref).
Un week-end essentiellement nocturne constaterez-vous avec dédain, consacré à des activités abrutissantes de jeune punk.
DETROMPEZ-VOUS.
Cette merveilleuse fin de semaine régression adolescente rebelle se clôtura par une activité culturelle, parfaitement messieurs-dames. 
  • J'ai vu Moi je crois pas ! de Jean-Claude Grumberg au théâtre du Rond-Point. Avec Pierre Arditi et Catherine Hiegel -très impressionnante Catherine Hiegel. Solange et Henri s'affrontent chaque soir sur des sujets bien souvent dérisoires avec mauvaise foi, naïveté, absurdité, bon sens. Le texte est drôle et inattendu, très bien servi par les comédiens -très impressionnante Catherine Hiegel, j'insiste.
Morceaux choisis :
"Et si tu veux tout savoir, ce que tu crois ou pas, il y a belle lurette que je m'en tamponne le coquillard !
-Ne disposant pas d'un coquillard, je te suggère de t'abstenir de tenter de te le tamponner."

"La chasse aux limurges dans les Ardennes et en Chine du Nord."

"L'Espingouine effondrée s'est alors rapprochée de la belle-mère de la voisine du dessus, celle au chien-loup et à la carpe farcie. Ca a pas plu à la belle-fille qui a viré la belle-mère et le clebs. Alors l'Espingouine a mis la clé sous la porte et ni une ni deux a foncé les rejoindre aux Baléares..."



lundi 5 mars 2012

Stage : check


Cette épineuse question réglée, permettez-moi de vous dire qu'on se sent délestée à peu près du poids de l'humanité multiplié par deux.

Cependant. Une incertitude demeure.

Soit vingt et une lettres de motivation envoyées, six réponses négatives et une réponse positive reçues suite à ces lettres. Si on considère que l'aspirante-stagiaire a relancé par mail au minimum une fois les 2/3 des entreprises démarchées, et passé également environ douze appels téléphoniques pour ne pas perdre de temps à postuler pour rien, que peut-on déduire ?
Vous étaierez votre réponse d'exemples concrets tirés de la vraie vie réelle qui se passe tous les jours.

En tenant compte des relances, l'aspirante-stagiaire a donc envoyé au minimum trente-cinq demandes écrites. On peut y ajouter les démarches téléphoniques, qui nous mènent à quarante-sept requêtes.
Parmi ces quarante-sept requêtes, les douze effectuées par téléphone se soldèrent par une réponse négative, invoquant, par ordre de récurrence  :
  • La brièveté du stage demandé : "Deux mois ?? Ah non c'est trop court, on prend des stagiaires à partir de trois mois, avec une préférence pour six mois".
  • La non-vacance du poste souhaité : "Aahhh, je suis désolée mais notre planning de stagiaires est bouclé jusqu'à fin 2012."
  • L'incapacité matérielle à accueillir quelqu'un : "Croyez bien que ç'aurait été avec plaisir, mais malheureusement nous n'avons plus un bureau disponible, il faudrait vous mettre dans le couloir".
Concernant les demandes écrites, seules sept entreprises prirent la peine de répondre. Pour les six qui répondirent négativement, les raisons invoquées furent similaires aux réponses obtenues par téléphone.

Tout cela nous mène donc à la conclusion suivante : certes, une situation qui s'annonçait cataclysmique fut redressée in extremis grâce à la persévérance, la détermination, et l'optimisme sans faille d'une étudiante prête à conquérir des montagnes pour réaliser ses rêves. Néanmoins, on peut considérer que l'étudiante en question proposant deux mois de travail gratuit aux entreprises, ces dernières ne firent pas preuve d'un enthousiasme débordant.

Suite à cette démonstration, et en y ajoutant la conjoncture actuelle, l'emprise des groupes tentaculaires, la nécessité française du bac + 5 minimum et le succès de Marc Lévy, on peut affirmer sans hésitation aucune que lorsqu'il s'agira de trouver un poste dit rémunéré à l'issue du stage, l'étudiante déchantera.

#CQFD
#pôleemploienjuinmevoilà



Illustration : www.penelope-jolicoeur.com

jeudi 1 mars 2012

De la reconversion professionnelle mal barrée

Ce matin, un représentant est venu raconter sa life à ma classe. Le représentant, c'est le monsieur qui vend les livres aux libraires. Il a commencé son intervention en disant :
"Alors comme ça, vous voulez devenir éditeurs ? 
Vous avez envie de pas gagner d'argent en fait ?!
Non parce que je sais pas si vous êtes au courant, mais 
éditeur, ça rapporte rien !"

L'après-midi, le directeur commercial d'une grande maison d'édition a pris la suite. Il a commencé par un tour de table, en nous demandant dans quel secteur on aimerait travailler. A moi et aux deux-trois qui ont répondu, naïvement, "dans la littérature", il a répondu :
"Dans la littérature ? Vous avez prévu autre chose sinon ?
Non parce que éditeur en littérature,
c'est même pas la peine,
il n'y a pas de places du tout.
Quand on vient d'un domaine complètement différent, 
qu'on ne connaît personne dans le milieu,
qu'on n'a pas d'expérience,
c'est impossible de trouver un poste.
Faut redescendre sur terre, hein !"

Voilà. 
Pôle-Emploi, en juin 2012, prévoyez un arrivage d'aspirants-assistants-d'édition désabusés, aux rêves brisés, aux désirs avortés, dépités par la douloureuse réalité.

mardi 14 février 2012

Eh ouais.

Aujourd'hui, journée plan-plan dégoulinante de banalité : six heures d'analyse de contrats d'éditeurs ; une heure de pause déj' avec mes écouteurs intra-auriculaires et mon ordi (pour regarder mes Bref en retard et Yann Barthès) ; quelques cafés ; quelques clopes sur la terrasse. 
A 17 heures et vingt minutes, la plupart de mes petits camarades sont partis. Et soudain. 
 Bouleversement intergalactique.

Une secrétaire entre dans la classe avec des yeux ronds : "Euuuhhh... Il y a une "[Marif]" ici ?... Il y a, euuhh... quelque chose pour vous à l'accueil." 

Le quelque chose, c'était ça : 


Inutile de vous décrire l'étendue de la commotion émotionnelle. Sismique. Cosmico-sismique. Avec tremblements et joues en éruption.

J'ai mis un temps certain à retrouver mes fonctions primaires - langage, réflexion basique, marche.
J'ai fini de travailler, marché dans la rue, pris le métro avec mon bouquet et mon sourire niais. 

Putain c'est dingue qu'un truc pareil existe.
Waow. Waow. Waow. 

vendredi 10 février 2012

Une semaine en février

  • En ce moment je suis obligée de mettre de gros collants sous mon jean, rapport aux frimas ambiants. Alors chaque matin quand je les enfile, il y a un délicieux quart de seconde dans ma tête où j'ai l'impression d'être dans un chalet avec mes skis qui m'attendent devant la porte. 
  • Chez Séphora, ils n'ont plus ma poudre R15 pour peau blafarde de meuf qui part jamais en vacances et qui de toute façon ne supporte pas le soleil. Je pourrais donc opter pour une poudre avec laquelle j'aurais meilleure mine, et la ligne de démarcation fatale du mi-cou, avec au-dessus un teint pêche et au-dessous un teint cachet de Doliprane. Ou bien ne plus rien mettre, et risquer une augmentation vertigineuse de remarques du style : "T'es un peu pâlotte, ça va ?" ; ou plus direct : "On dirait vraiment que t'as pas dormi depuis quinze jours, tu ressembles à une morte-vivante".
  • Écouter Benjamin Biolay sur un terrain émotionnel difficile extirpe promptement la larmichette. 
  • Je ne suis plus l'enfant sérieuse et appliquée de jadis.

  •   Y'a des moments, j'en peux plus.

  •  Heureusement, passer du temps avec Super-Cop's-Florentin et ACK est très très salutaire, parce que ce sont mes copains et ils sont top chouettes, et donc ça contribue fortement à rééquilibrer les douloureuses traversées du désert que constituent mes semaines.
  • Cependant, au bout de quatre-vingt-dix-neuf jours sans Lui à Paris, j'ai juste envie que l'ensemble des êtres vivants de cette galaxie sachent que Lamartine était quand même un mec vachement clairvoyant. 
"Un seul être vous manque et tout est dépeuplé" quoi.

dimanche 5 février 2012

J'ai vu les Tistics


Les Franglaises est le nom d'un spectacle au concept somme toute assez simple : chanter en français des tubes anglophones. Il pourrait en résulter un spectacle sympathique, un peu ambiance soirée-entre-potes-bourrés, on habite tous dans un sous-marin jaune t'as vu. 
C'est sans compter sur la troupe qui interprète ces Franglaises : les Tistics. Douze comédiens survoltés, une énergie prodigieuse, une imagination fantastique, une précision aiguë, un rythme survolté, et par dessus tout, un humour irrésistible et permanent.
Le spectacle est interactif : l'un des comédiens énonce les paroles traduites en français d'une chanson anglaise, jusqu'à ce qu'un spectateur devine le titre de la chanson d'origine et son interprète. Puis, les Tistics livrent leur propre version de la chanson, avec une traduction littérale en français et une chorégraphie originale. Il y a de l'ironie, de la gentille moquerie, mais aussi un véritable travail d'acteur, de chanteur, de musicien et de danseur. Tout est calé au millimètre, les tableaux où les douze sont présents sont un régal, notamment pour la qualité des chœurs (non mais sans déc', ces gens sont tous de vrais comédiens, mais aussi de vrais chanteurs, et même presque tous de vrais musiciens, c'est exaspérant) ; on est parfois effaré de réaliser l'ampleur du ridicule de ce tube sur lequel on a tellement dansé (Wannabe des Spice Girls, "Si tu veux être mon amant tu dois bien t'entendre avec mes amis") ou au son duquel on a noyé son chagrin (Hello Goodbye des Beatles, "Je ne sais pas pourquoi tu dis au revoir, je dis bonjour" pendant six minutes).
C'est Super-Cop's-Florentin qui m'a invitée à ce spectacle. Avec la troupe d'Un Dernier Verre, ils avaient croisé les Tistics en paradant dans les rues d'Avignon il y a deux ans. Depuis, les Tistics se sont produits dans de nombreux théâtres, à la télé et même à Bercy entre la finale du double et la finale du simple du BNP masters ! Pour finir, le 21 mai 2012, ils seront à... l'Olympia.
Si vous voulez voir un spectacle théâtralo-musico-chorégraphique, beau, et très, très rigolo, un conseil : réservez vos places.

Les Tistics : http://www.lestistics.com/

Super-Cop's-Florentin : merci merci merci pour cette judicieuse invitation du vendredi soir.

lundi 23 janvier 2012

Vive le lundi.

J'ai une funeste inclination pour l'auto-apitoiement en ce moment.
Pour faire simple, à peu près tout le quotidien d'une semaine comprise entre le dimanche vers 18 heures et le vendredi à 17 heures m'énerve, puis m'éteint ; m'angoisse, me fait procrastiner, me tétanise et me consterne.

Le jour de présentation de projet devant deux classes entassées dans une salle surchauffée, dégoulinante de sueur et à l'atmosphère épaissie par l'odeur moite du surnombre est un jour particulièrement propice au craquage.
Malheureusement, les déplorables conditions énoncées ci-dessus ne sont pas les seules à favoriser le susdit craquage.
Il peut donc m'arriver de déverser mon ramassis de ressentis négatifs, mon amas de désolation, mon agrégat de tensions sur un pauvre quidam qui n'a rien demandé à personne. Voire sur une personne bien intentionnée, usant son forfait pour faire un brin de causette avec moi.
Pardon, les quidams.
Je vous aime, personnes bien intentionnées qui m'avez appelée et qui avez dû faire face à ma version larve-molle-désabusée.

Bref.
Je reviens dès que je trouve autre chose à dire que : "P'taaaaain" / "Rahhh ça m'soûle" / "J'ai mal au dos bordel", et le désormais pluriquotidien : "Je trouverai jamais de stage gniiiiiiiiiii".

Pour me faire pardonner - tout en restant dans dans l'ambiance -, veuillez trouver ci-dessous un livre certifié Diable Vauvert, jeune auteur, héros - à la longue exaspérant - qui peine à devenir adulte, éloge de la paresse, résignation.
Et une illustration de couv' à mon sens éloquente.