
La prise de conscience eut lieu lorsque je réalisai que ma rubrique "Le livre en cours" avait trois livres de retard.
L'explication est la suivante : la lecture, c'est bien pour occuper les insomnies. Mais pendant les insomnies en général l'insomniaque est un peu irrité, parce que qu'il sait qu'il paiera très cher cette veille forcée le lendemain, et il souhaite donc de toutes ses forces trouver le sommeil. Comme il n'y arrive pas, pour éviter de s'enfoncer dans un gouffre de dépression nocturne, il évite absolument L'édition sans éditeurs (un truc du même acabit que L'édition littéraire aujourd'hui) et se tourne tout naturellement vers des choses plus funky, comme les ouvrages ci-dessus et ci-dessous.
Sinon la semaine commence fort bien.

Depuis L'édition littéraire aujourd'hui, ouvrage sérieux (-> chiant un peu) pour l'école, il y a eu les trois ici présents.
On constate donc que malgré une incapacité manifeste à faire vivre ce blog de façon un tant soit peu régulière, je suis capable de m'octroyer des plages "lecture-détente". (Pas du tout du tout "lecture-sérieuse", blâme blâme blâme).
L'explication est la suivante : la lecture, c'est bien pour occuper les insomnies. Mais pendant les insomnies en général l'insomniaque est un peu irrité, parce que qu'il sait qu'il paiera très cher cette veille forcée le lendemain, et il souhaite donc de toutes ses forces trouver le sommeil. Comme il n'y arrive pas, pour éviter de s'enfoncer dans un gouffre de dépression nocturne, il évite absolument L'édition sans éditeurs (un truc du même acabit que L'édition littéraire aujourd'hui) et se tourne tout naturellement vers des choses plus funky, comme les ouvrages ci-dessus et ci-dessous.
Sinon la semaine commence fort bien.Hier, c'était lundi. Donc avant-hier, c'était dimanche. Et moi le dimanche à partir de 18 heures environ, je suis une cible de prédilection pour le fameux "Cafard du Dimanche Soir". Mais après quand je me réveille le lundi (oui parce que pour être raccord avec le premier paragraphe, il faut savoir qu'en général l'insomniaque dort quand même toujours au moment où le réveil sonne), je suis plutôt assez réjouie à l'idée d'aller faire des exercices de grammaire, des créations de livres de cuisine sur InDesign ou des corrections de manuscrits inédits de Marguerite Duras.
Donc. Lundi matin.
Cafard du Dimanche Soir : envolé.
Léger retard sur mon timing-préparation qui engendre une course dans mon salon (oui, traverser son salon en courant peut faire gagner un temps précieux). C'est sans compter la présence d'un obstacle. Une table basse. Et bing la table basse, tellement lourde qu'elle n'a pas bougé d'un millimètre malgré la violence de la percussion. Me voilà toute sautillante partout, toute gémissante de douleur, maudissant l'abrutie qui a foutu une table basse en plein milieu du salon. Quelques tortillements destructurés plus tard, constat de présence de sang, et d'un timing dans le rouge.

Tant bien que mal, je me presse vers le métro. Sur le quai, j'apprends avec ravissement qu'en raison "d'un accident grave de voyageur à la station Saint-Michel, le trafic est fortement perturbé sur la ligne 4". Voilà voilà voilà.
Après une arrivée en cours toute suante et le tibia malade, j'ai besoin de reprendre mes esprits. Et puis on ne peut pas être au top de la concentration toute la journée.
Je me fais donc interroger à un moment critique, pendant lequel mes connexions synaptiques sont en pause.
Prof : "[Marif], je peux vous demander quelle autre solution pourrait être envisagée dans cette situation ?
Moi, lever de tête brutal, regard vide, air global BOVIN : - ...
Prof, sourire sarcastique : -Vous préférez vous abstenir peut-être ?...
Moi, rouge piment rouge : -En fait... Oui."
Dans l'après-midi, j'éternue. Le prof est toujours le même.
Moi : "ATCHOUM.
Prof : -A vos souhaits.
Moi : -Merci.
Prof, laarge sourire bien satisfait : -Bon bah voilà, vous aurez quand même parlé aujourd'hui !"
A la fin de la journée j'ai réalisé que j'avais perdu la pierre de mon collier préféré, celui qui vient du Brésil et que mon Pôpa et ma Môman m'ont offert et qui est en quelque sorte le premier bijou de ma vie que je porte et auquel je tiens.
En rentrant chez moi j'avais du courrier dans ma boîte aux lettres, alors j'étais contente. Et puis j'ai vu que c'était la CAF. Ils me demandent si je suis toujours en arrêt maladie. Je crois que c'est parce qu'il y a six mois, j'ai déclaré un arrêt maladie à cause de mon plateau tibial défoncé.
Un arrêt maladie d'un mois, donc.
Là j'ai eu une espèce d'intuition fulgurante. Je me suis connectée sur le site de la CAF, dans mon "espace personnel", pour voir un peu ce qui se passe quand on est à la fois en arrêt maladie depuis 7 mois, sortante de CDD et fraîchement scolarisée.
Ce devait être trop compliqué pour eux.
Alors ils ont décidé de faire simple.
Ils m'ont coupé les vivres.
C'était une bonne journée.
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